La gestion du Port autonome de Pointe-Noire provoque une controverse au sein du gouvernement de la République du Congo. Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, a demandé au ministre des transports, de l'aviation civile et de la maritime marchande, Josué Rodrigue Ngouonimba, de rapporter ses décisions relatives à la suspension de plusieurs responsables de cette entreprise publique qu'il juge inondées.
Dans une correspondance officielle datée du mardi 3 novembre 2026, le chef du gouvernement conteste la régularité des mesures prises par le ministre, notamment la suspension du directeur général et du directeur du contrôle de gestion et du budget, ainsi que la désignation d’un directeur général par intérim.
Ces décisions interviennent après une série de mesures ministérielles prises le 2 novembre à l'encontre de quatre responsables du Port autonome de Pointe-Noire, dont le directeur général Séraphin Bhalat. Les autres responsables concernés sont notamment Émile Ngandzien, Léopold Vincent Mopita et Edmond Jean de Dieu Otsoa. Ils ont été suspendus pour « faute grave », selon les informations rapportées par la presse congolaise.
Mais pour Anatole Collinet Makosso, le ministre aurait outrepassé ses prérogatives. Dans sa lettre, il rappelle que le pouvoir de suspension et de désignation d'un intérimaire appartient à l'autorité disposant du pouvoir de nomination.
Le Premier ministre invoque notamment la loi n°2-2018 du 5 février 2018, le décret n°2018-350 du 10 septembre 2018 et plusieurs circulaires encadrant l'organisation du travail gouvernemental en République du Congo.
Il demande ainsi au ministre de rapporter sans délai les notes de service concernées, de lui transmettre un rapport circonstancié et de se conformer aux textes en vigueur.
Cette intervention soulève désormais une question majeure : qui détient réellement le pouvoir de suspendre et de désigner les dirigeants des entreprises publiques au Congo-Brazzaville ?
Au-delà du sort des responsables suspendus, cette affaire met en lumière un désaccord sur les compétences administratives au sein de l'exécutif congolais.
Blaise ABITA
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